Mo’s Crypt Réveille Toi !

•9 juin 2015 • Laisser un commentaire

Chère Crypt,

cela fait un bail que je ne m’étais pas retournée vers toi pour blablater… Pour être honnête, je ne l’aurai pas fait si on ne m’y avait pas incité à grands renforts d’arguments . Le premier c’est simplement de me remettre à écrire juste pour m’infliger l’exercice. Le but est de mener à bien mes projets d’écriture. Pour cela j’ai besoin de libérer mon esprit de son autocritique perpétuel. Il faut que j’arrête de juger ce que j’écris de peur d’être en dessous de mes propres attentes et au niveau des œuvres que je trouve médiocre. On me dit tout le temps qu’il suffit d’écrire et de ne pas réfléchir. Je ne sais pas si c’est ma formation universitaire qui m’y contraint mais je ne peux écrire sans but…. de fait, je dois produire de l’écrit pour me libéré de mes vilaines habitudes.

Il faut également que je lutte contre l’esprit de synthèse… Alors oui je sais… Ca ferait rire ceux qui m’entendent parler mais à l’écrit c’est une contrainte que je m’inflige – disons que c’est une forme de déformation professionnelle.

j’ai la chance d’avoir un titi qui croit en mon talent et qui me laisse le temps de me réaliser. Je pense que depuis presque 2 ans j’ai fait assez de travail sur moi-même pour enfin avoir l’esprit libre pour me concentrer sur l’écriture.

Ainsi j’ai 3 projets. Un petit : Esh, une nouvelle pour un AT sur le feu. Un moyen grand, une oeuvre de fantasy pour une amie et mon grand oeuvre l’Echo.

Il faut que je m’y mette !

Lemashtu Chroniques des stryges par Li-Cam ed Griffe d’Encre

•30 mai 2013 • Laisser un commentaire

lemashtu

J’ai rencontré Lemashtu alors que, bien innocemment, je dérobais à ses amis un certain Merlin lors du festival des Imaginales d’Epinal 2013.
En guise de rançon, j’ai pu partager un temps avec des représentants (adorables et passionnants) de la maison d’édition Griffe d’Encre.

Il était fort tard, et nous avions bu… mais en rentrant à l’hôtel, je ne pus me défaire de la séduction qu’avait exercé l’évocation de Lemashtu.

Dans une réalité contemporaine alternative, vivent séquestrés dans des zones de confinement les terribles strigoï.

Les humains, plus nombreux et plus vindicatifs, ont su au fil du temps circonscrire cette espèce proche de la leur, dont les superstitions ont fait des vampires.
Parfois, les humains tolèrent leur présence mais faut il encore qu’ils puissent sortir de Roumanie…
Alors qu’il n’a que 7 ans le jeune Lemashtu Dracul est l’objet d’une opération d’extraction périlleuse menée par ses futurs protecteurs Féhik et Aratar. Pourquoi lui et pas un autre strigoï ? Lem est un espoir d’honneur reconstruit, un souverain légitime pour une espèce en voie d’extinction. Il est le prince de Walachie, descendant de Vlad Tepes. Il tire, malgré lui, de cet ancêtre toute la puissance de son espèce, il est un voïvode. Mais, il porte également la sombre malédiction qui plongea ses conuméraires dans les âges les plus sombres de leur histoire : il porte la Bête en lui.

Lem grandit alors loin des siens mais aussi loin de tout contact. Il grandit solitaire, isolé , voué à une éducation stricte quasi spartiate, n’ayant pour modèle qu’un professeur ennuyeux à mourir, un parrain autoritaire et un ange gardien omniprésent et omniscient. Il se sent en couveuse, choqué de la peur qu’il inspire aux autres élèves de son lycée privé londonien. Il a 15 ans, il en parait 17. Il sent ses pouvoirs et ses désirs grandir en lui sans les comprendre ni les assouvir.

C’est alors que sur l’injonction d’un ordre du Vatican, autorité en charge de la régulation de la population et de l’évolution des strigoï, on impose à Féhik et Aratar l’éducation d’un autre strigoï : Liéga Bathory. Liéga est accompagné d’un sombre précepteur : Merlin. Féhik et Aratar savent que le nouveau compagnon de leur protégé n’est pas de la même ascendance sociale, qu’il a connu un monde différent, plus violent.

S’impose à eux l’effroi de l’influence que pourrait avoir ces nouveaux venus. Quelle peut être l’intention de l’ordre du Vatican ? Quelles seront les conséquences de cette ouverture sur le monde des humains alors que sort de l’oubli une société secrète honnie, se vouant à l’élimination des représentants les plus puissants des strigoï ? Que pourrait impliquer l’extinction des strigoï pour les humains ?

Nous sommes dans une histoire qui confronte la tolérance de l’autre et le fanatisme religieux.

Nous sommes dans un conte qui nous rappelle que nous sommes tous capable du meilleur comme du pire…

Nous sommes dans un univers qui nous dit que bien souvent le mal est dans l’œil de celui qui le voit et qui le provoque.
C’est un témoin de la rédemption. Nous ne sommes pas que la somme de nos actes. Le choix n’est pas toujours libre et il ne libère pas nécessairement.

Cette interprétation du mythe du vampire sauve le lecteur qui ne supporte pas les délires mystiques et folkloriques des âmes damnées. Le roman est construit autour de fiches d’enquêtes sociologiques, ethnologiques et génétiques faites par le Vatican. Cela rythme et densifie le récit créant une dynamique haletante nous poussant page après page dans les sombres secrets de l’histoire.
Violence, tension, secrets, drames, sacrifices, mystères mais aussi découverte, émerveillement, apprentissage, humour, tendresse et amour autant d’ingrédients magiques pour une histoire qui n’a pour défaut que d’avoir à se finir… mais il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte dit-on !

Il reste un mystère non résolu, cependant. Une ultime fiche signalétique qui me laisse espérer qu’un jour peut-être je retrouverai Lem dans une autre aventure…

Merci Li-Cam

la nuit a fini par tomber …

•18 juin 2012 • Laisser un commentaire

la torpeur d’une soirée de printemps

•18 juin 2012 • Laisser un commentaire

je sais je sais… on n’a pas vu l’ombre d’une chaleur de juin… pourtant ce soir, je retrouve cette torpeur de soirée des beaux jours qui reviennent.

Le ciel est encore clair

Ce que j’aime au mois de juin… hormis le fait qu’on décompresse d’une année brutalement après le climax des rendus de projets, de mémoires, de thèses, d’examen, c’est le silence des débuts de soirée.
La rue est calme

les immeubles de ma résidence sont dans le silence de l’épuisement

la nature semble endormie depuis longtemps…

Mais nous, nous jouissons encore de l’éveil. Nous entrons dans une torpeur propice à la méditation et au retour sur soi…

J’écoute de vieux standards qui comprennent mon besoin de vibration juste. Je retrouve à cet instant la fréquence idéale où sans un mot, sans un masque, je suis là… bien… sentant la brise du soir printanier.

comme tous les ans, je fais le bilan. Je me dis que je suis un peu plus blessée qu’avant, mais que j’ai toujours la capacité d’aimer, que j’aime même si j’ai perdu de ceux qui comptaient tant pour moi…

je ne sais si jamais l’amour que je porte à ceux qui ont fini de se lasser ou qui me tournent le dos mourra un jour. Mais qu’importe… pourquoi pleurer alors que les émotions que je ressens sont la seule chose qui me rappelle que je suis en vie.

Ces soirs ont la saveur de ceux que je passais jadis sur le toit de cet immeuble israélien où mes parents vivaient ; de ces soirs sur la plage de Bat Yam avec mon frère à fumer le narguilé à tout jamais perdus.  Ils sentent le jasmin, le thé à la menthe, la citronnade glacée, et les brochettes de kebab trop chargées en feuilles de coriandre mais aussi la mauvaise bière.

Je sens encore le sable brûlant de la journée s’insinuer entre mes orteils et masser la plante de mes pieds éreintés de marche dans la vieille ville de Jérusalem. J’entends au loin les shouka se vider. Je vois au loin dans le crépuscule de la Méditerranée les lumières des bateaux casino flottant dans les eaux internationales, au delà du rocher d’Andromède dans le port de Jaffa.

Je me rappelle mes nuits d’été parisiennes, avec nostalgie, sur les quais de Seine, Notre Dame, les bruits du quartier latin… un Paris mort, que jamais rien ne ressuscitera mais qui gonflent encore mon cœur de ce bonheur désespéré qu’ont ceux qui s’éveillent à eux même, qui se découvrent et se réalisent.

Je me rappelle mon Bidule qui me parle sans pause du violon, de notre Berlin et de sa vision du monde et de la vie. Il était éblouissant… il est toujours cet ami, cette étoile qui ne cessera jamais d’être incandescente, brillant toujours pour quelqu’un dans ce monde.

Je pense à mes projets, mes envies, à ce que je dois abandonner pour avancer, à l’essentiel… mais ces soirs là, j’ai le droit de regretter, d’avoir envie de rejouer le film, encore, encore et encore. A espérer qu’un jour je retrouverai ce sentiment de liberté absolue, sans dissimulation, sans mensonge, sans crainte, sans ménager personne. Ces soirs là, j’aime être égoïste et injuste car ces soirs là… je me recueille, je commémore ces brèches, ces replis du temps comme disait Cocteau, dont j’ai fait ma science car en eux je me ressource. Je sais que j’ai vécu et que j’ai appris. J’en suis plus forte. Comme un cérémonial, mon souccot à moi, ma cabane sur mon balcon… ma veillée, j’honore ma petite histoire pour retourner au grand jour dans le cœur des piliers de Salomon au fin fond du Negev ou dans le ventre de ces caves parisiennes où ivre de contact et de son je m’oubliais le temps d’un concert.

le fruit que je mange a alors le gout de cette mangue juteuse, et l’eau que je bois celui de l’absinthe glacée des bars de Ménilmontant …

je fume une cigarette sur le balcon… ma fille bave sur mon oreiller… c’est un soir de juin

de mon émotion …

•18 avril 2012 • Un commentaire

The White Birch – Breathe

wish I was small in sunny days
a summer light breeze could lead me further
someone would call from beyond the maze
of winter freeze and draw me to her
eyes that are grey can’t see behind the stains
of blurring stars and bleeding sun
I wish I could stay or silence the rain
the solid bars of all that’s undone

nights in the snow when all you know
is a velvet breath and all you long for
light is the stain a ball without a chain
the sweetest death might make you strong
your gaze becomes ice two crystal rollerdice
the trembling ground what have you done
I wish I could wake as the walls start to quake
from the impossibe sound of air that leaves the sun
a summer breeze begun
of air that leaves the breathing sun

Dans les cataclysmes on se demande parfois…

•1 avril 2012 • Laisser un commentaire

Am I free ?

l’essentiel c’est de se retrouver en se répondant

Don’t you remember ?

 

Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel

•4 mars 2012 • Laisser un commentaire

des deux couvertures, il m’est difficile de savoir laquelle me plait le plus

J’ai rencontré les Enchantements d’Ambremer de la même façon que j’ai rencontré son auteur…  étrangement.

Lors d’une recherche pour dégoter une lecture autant stimulante qu’enchanteresse, je suis tombée au printemps dernier, par hasard, sur les Lames du Cardinal en intégrale chez Bragelonne. L’objet était beau et la 4e me faisait un gringue fou… les Trois mousquetaires avec des dragons… j’en avais rêvé… Pierre Pevel l’avait écrit!.

Parfaitement ensorcelée par la plume et l’imaginaire de Pierre Pevel, je me hâtais d’aller clamer haut et fort mon attachement à son oeuvre de fantaisie dix-septiémiste sur FB. Et de là, je saute le pas, et je vais visiter la page officielle de l’auteur pour suivre son actualité. A ma grande surprise, cette page n’est pas une page commerciale, mais un salon privé où l’on peut échanger avec l’auteur. M. Pevel et moi-même sympathisons alors et nous nous retrouvons à parler de notre amour pour l’histoire moderne, Paris et la littérature de la fin du XIXe et début du XXe. Je m’intéresse alors aux autres ouvrages commis par lui. Et me voilà, un jour, devant les Enchantements d’Ambremer.

Les Enchantements d’Ambremer c’est d’abord un pacte contracté entre l’auteur et le lecteur : le pacte de la suspension d’incrédulité. C’est un conte de fées raconté à des esprits mûrs.

Replongeons nous dans le Paris du siècle naissant et les merveilles dévoilées par l’exposition universelle. Admettons que d’autres mondes vivent à fleur de réalité, et, que ces mondes et le notre s’interpénètrent – laissant les créatures et les humains se côtoyer et vivre ensemble.

Notre héros Louis Griffont, mage du Cercle Cyan est chargé d’enquêter sur une suspicion de fraude magique dans un casino, par son gérant qui ne souhaite pas voir les gros sabots de la Police faire scandale dans sa bonne société. Parallèlement, Griffont se voit confier par une vieille amie une étrange requête : emprunter un livre rare à la bibliothèque royale d’Ambremer. Pendant ce temps là, Isabel de Saint-Gil, noble et élégante cambrioleuse d’envergure internationale, fuit la Russie pourchassée pour tenir en sa possession une correspondance et un objet pouvant créer un scandale diplomatique entre la France et la Russie. Petit à petit, ces trois évènements vont se juxtaposer jusqu’à laisser des cadavres, des amnésiques sur leur passage. Une vaste et obscure entreprise venue de l’Outre-Monde vient chercher un secret sur Terre sous le couvert d’un trafic d’objets magiques.

Il serait dommage d’être plus précise sur l’histoire, car beaucoup d’indices arrivent rapidement dès les premiers chapitres. Mais, comme Pierre Pevel nous le dit dans son prologue, ce roman (premier d’un diptyque) est l’occasion de nous plonger dans un univers polymorphe, construit de pièces de puzzles de références littéraires et historiques. C’est l’envie de faire se rencontrer les faeries, Arsène Lupin, les Brigades du Tigre, l’art nouveau, le Paris historique et contemporain.

La plume de Pevel est érudite, précise mais bien loin d’être sans âme. Elle révèle des scènes marquées de réalisme ou de vraisemblance. Les dialogues sont naturels et bien portés. Totalement habité par l’univers qu’il nous livre, il nous montre son humour, sa sensibilité dans la densité de ces personnages. Aucun d’eux n’est accessoire ou trop caricatural.

Un roman d’un équilibre saisissant !

Le temps d’apprendre les règles de ce monde, je me suis laissée envelopper par l’aura de Louis Griffont et attendrir par Isabel de Saint-Gil. Les amateurs de SteamPunk seront servis, tout dans cet univers pourra alimenter leur passion

 
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